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2009
UN PEU D'HISTOIRE

L'ELORN

RIVIÈRE DE LÉGENDE

L'Elorn a toujours été riche en saumons, du moins les écrits des Anciens tendent à nous le prouver.

Dans son ouvrage « La révolution à Landerneau » le Chanoine SALUDEN nous indique que sous la Révolution, le comité de subsistance de la ville avait constaté la raréfaction des saumons sur les marchés, bien qu'en cette commune il se pêche une grande quantité de ces poissons.
L'ELORN A LANDERNEAU près de la Mairie - 17.3 ko
L'ELORN A LANDERNEAU près de la Mairie

En conséquence ce comité propose de mettre en réquisition, pour la consommation de la commune, pendant les mois de mars, avril et mai, la quantité de 25 saumons par décade qui seront fournis par le citoyen LE LANN, meunier du pont, qui en remettra 21 et par le citoyen BODROS ou son épouse pour un nombre de 4. Ils seront tenus de les apporter à la place ordinaire du marché et de les y vendre au détail, au prix de 15 sols la livre.

L'ELORN à KERHAMON - 17.4 ko
L'ELORN à KERHAMON

Toujours sous la Révolution, en 1872, le régime des prêtres réfractaires, incarcérés au Château de BREST, comportait journellement,' pour chaque prisonnier, une livre et demi de pain, une bouteille de vin, une livre de viande, qui est remplacée parfois par du saumon, alors abondant dans la rivière de LANDERNEAU.

USINE DE LA FILATURE PRES DE L'ELORN à LANDERNEAU - 14.2 ko
USINE DE LA FILATURE PRES DE L'ELORN à LANDERNEAU

En 1794, CAMBRY passant à LANDERNEAU, signalait quantité de saumons sur le marché et en 1834 l'historien MANET abondait dans le même sens. Déjà au moyen-âge, où le Carême était scrupuleusement respecté, le saumon, malgré son abondance, constituait un mets recherché. Aussi n'est-il pas étonnant que les vicomtes de LEON et de ROHAN se réservaient le monopole de sa pêche. Il n'était pas question, bien entendu, à l'époque, de pêche sportive, mais plus prosaïquement de captures dans les pêcheries.

Les seigneurs en possédaient de nombreuses, tant en zone maritime que fluviale. La plus importante des pêcheries maritimes se trouvait au niveau du château de Joyeuse Garde, dont les ruines subsistent encore à la FORET-LANDERNEAU.
L'ELORN SOUS LE PONT DE CHEMIN DE FER - 17 ko
L'ELORN SOUS LE PONT DE CHEMIN DE FER

Ses installations devaient être imposantes car elles gênaient la navigation et un Edit de 1593 imposa au duc de ROHAN sa destruction. Mais cet Edit fut vite oublié et les pêcheries redoublèrent d'activité. Il faudra attendre l'arrêt du Conseil d'Etat du 1er mai 1733, aux termes duquel étaient seuls autorisés les filets avec mailles de deux pouces carrés au moins, ceci afin « de procurer l'abondance du poisson et d'éviter la destruction du frai et du poisson de premier âge ».

C'était une sage mesure car les filets placés dans les passages pratiqués dans les pêcheries avaient, jusque là, des mailles très réduites. Cet arrêt prescrivait aussi la destruction des pêcheries où il entrait dans leur construction du bois et des pierres et qui gênaient le passage des vaisseaux. L'Arrêt de 1733 apportait donc quelques restrictions dans l'efficacité des pêcheries.

Un plus grand nombre de poissons pouvait ainsi échapper à la première embûche qu'il rencontrait sur le chemin de la reproduction.
L'ELORN SOUS LE PONT DE VOAS GLAS à LANDERNEAU - 15.1 ko
L'ELORN SOUS LE PONT DE VOAS GLAS à LANDERNEAU

L'ORDONNANCE DE COLBERT

Malheureusement l'Ordonnance de 1669 qui accordait aux inscrits maritimes de nombreux privilèges, en particulier de leur réserver la pêche au saumon dans les estuaires, n'avait pas subi de modification et ces privilèges dont la majorité existe encore de nos jours se sont avérés tout aussi néfastes que les pêcheries.

De ces inscrits maritimes j'ai le souvenir, où, jeune écolier, je m'attardais sur les quais de LANDERNEAU pour regarder le relevage des filets, de voir l'un des pêcheurs se jeter à l'eau pour essayer de se saisir d'un beau poisson qui lui paraissait mal emmaillé. Le saumon se sauva, mais onze de ses congénères gisaient au fond de leur plate.

En ce qui concerne les pêcheries fluviales la première se trouvait sous le moulin du pont de ROHAN et de nombreuses autres s'échelonnaient à TRAON-ELORN, KERHAMQN, LA ROCHE MAURICE, KERFAVEN.

A part celle de KERFAVEN, dont les ruines sont encore visibles, deux cent mètres en amont de PONT-CHRIST, toutes ont disparu.

Bien que l'activité de ces pêcheries se soit terminée avec la Révolution, il ne faut pas croire que pour autant le saumon s'en trouvât protégé.

Une autre entreprise systématique de destruction devait s'établir à TRAON-ELORN, tout aussi nocive que les anciennes pêcheries et de plus illégale.

II faut savoir que le lin était, à la moitié du siècle dernier, une matière recherchée et sa culture était florissante dans la région landernéenne. Mais avant que la matière brute soit arrivée à l'état de fil, employable au tissage, il fallait de nombreuses opérations de rouissage, teillage, peignage, etc... qui, pour être rentables devaient réalisées mécaniquement.

LE GASPILLAGE...

C'est en 1845 que s'installaient, sur l'emplacement de l'ancienne pêcherie de TRAON-ELORN, les bâtiments de la Société Linière. Cette usine créa une réserve d'eau toujours connue, jusqu'à sa disparition, sous le nom d'étang de la filature. Cette eau actionnait une turbine de 120 chevaux qui devait être rapidement portée à 200 chevaux. A titre d'information, cette entreprise employait 2 500 ouvriers ! La suppression de la voile dans la marine fut, entre autres, la cause de sa fermeture en 1892.

Si nous n'avons pas beaucoup de renseignements sur le braconnage qui a pu sévir durant l'activité de la Société Linière, il n'en est pas de même pour les industries qui occupèrent les locaux vacants.

Dans son livre « Le saumon dans les cours bretons » le commandant LATOUR fait allusion à un directeur d'établissement industriel, implanté à cet endroit, qui « a sacrifié des milliers et des milliers de tacons pour en faire des conserves mises en petits tonneaux ». Ce que ne dit pas le commandant LATOUR c'est que la destruction des saumons de montée et des bécards était tout aussi importante.

J'ai été le témoin de ces destructions, autant dans le « trou de l'Horloge » , pour les saumons frais que pour les bécards du côté de « l'Union Electrique du Finistère », où je servais en qualité d'apprenti électricien, en 1930. J'ai vu le filet de l'épuisette d'un ouvrier de cette usine céder sous le poids des smolts qu'elle contenait. L'on aura une idée du nombre de poissons que pouvait contenir celle-ci quand on saura qu'elle faisait un mètre carré d'ouverture et un mètre de profondeur environ.
PONT ET TRAON ELORN - 15.1 ko
PONT ET TRAON ELORN

Ce braconnage éhonté se faisait au vu et au su de tous. A ma connaissance aucun procès-verbal n'a jamais été établi ! L'un pourtant aurait pu être fait, pour un délit caractérisé, dans des circonstances qui seraient trop longues à expliquer. Mais si le P.V. fut enterré, en contre-partie le directeur de l'usine où se trouvait le « Trou de l'Horloge », autorisa la pose d'une grille sur le canal de fuite des turbines. Ce fameux « Trou de l'Horloge » se trouvait à l'intérieur de l'usine elle-même et il était entouré d'une sorte de galerie qui permettait l'observation complète à partir du plan d'eau. Attirés par le courant des turbines les saumons y séjournaient et c'était un jeu d'enfant de les prendre, soit à « la turlutte », à la fouine ou au filet. Bien que cela se passait très souvent en plein jour et devant de nombreux témoins, il n'y a avait pas à craindre le garde, la propriété étant close et privée. On ne pourra jamais chiffrer, à quelques milliers près, le nombre de saumons qui, à cet endroit, sont ainsi passé de vie à trépas, ceci durant les quelques cinquante ans où ce braconnage fut pratiqué.

On peut affirmer par contre que la pose de cette grille a sauvé la rivière d'une stérilité complète.

QUE NOUS RÉSERVE L'AVENIR ?

Cela c'est le passé. Que nous réserve l'avenir ?

L'étang de la filature est comblé, le « Trou de l'Horloge »est devenu une mare croupissante, le braconnage n'est plus qu'un souvenir, le droit des inscrits maritimes a tout de même subi certaines restrictions, aucun obstacles important, ou du moins qui pourrait être facilement aménagé, ne s'oppose à la remontée du poisson :

mais un nouvelle hydre menace déjà l'ELORN :

LA POLLUTION.

Saurons-nous, à l'instar des guerriers NEVENTER et DERRIEN, nous en rendre maître comme ils surent vaincre le dragon de la DOURDOUN

Mais ceci est une autre histoire...

LA DOURDOUN - ancien nom de l'ELORN - a sûrement été autrefois très riche en saumons. Cela est une certitude. Pourtant il y a eu des périodes durant lesquelles le saumon se raréfiait et d'autres où il proliférait et ceci semble vrai pour toutes les rivières.

Texte de Georges HUET]] pionnier en matière de protection du saumon.

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